Le 24 septembre dernier, l’Avant-garde communiste du Canada a pris part à la « Manifestation contre l’OTAN, pour la paix et le désarmement nucléaire » organisée par le Mouvement Québécois pour la Paix. Notre organisation souhaitait exprimer sa ferme opposition à la politique d’escalade vers la guerre contre la Russie et la Chine appliquée par la coalition impérialiste à laquelle la bourgeoisie de notre pays participe activement. Nous avons pris la rue en brandissant le drapeau du communisme, le mouvement matériel qui mettra fin aux guerres en abolissant la propriété privée bourgeoise, en collectivisant les moyens de production et en unissant les prolétaires de tous les pays. Voici le contenu du tract que nous avons diffusé lors de la manifestation :

À BAS L’IMPÉRIALISME! POUR LE SOCIALISME MONDIAL!

Au cours de la dernière année, les États-Unis, le Canada et leurs alliés occidentaux ont intensifié l’escalade guerrière contre la Russie et la Chine, menaçant gravement la paix partout dans le monde où des affrontements armés générés par l’impérialisme ne sont pas déjà en cours.

En Ukraine, la guerre provoquée en 2014 par les pays de l’OTAN, guerre qui s’est intensifiée suite à l’intervention directe de l’armée russe en février dernier, est en train de s’enliser dangereusement. Depuis le début du mois de septembre, les médias bourgeois occidentaux se réjouissent du succès de la contre-offensive de l’armée ukrainienne ayant permis la « libération » de plusieurs territoires précédemment contrôlés par les forces russes. En réalité, cette victoire tactique des nationalistes ukrainiens pilotés par l’OTAN ne signifie qu’une chose : davantage de sang coulera et davantage de forces productives seront détruites.

En fait, au cours des six derniers mois, le soutien militaire massif accordé par les pays impérialistes de l’OTAN, dont le Canada, au régime nationaliste de Kiev a fait disparaître toute possibilité de règlement diplomatique du conflit entre l’Ukraine et la Russie. Galvanisé par l’appui de l’impérialisme occidental, le président fantoche Zelensky, après avoir banni toute forme d’opposition interne et après avoir supprimé les acquis restants de la classe ouvrière de son pays, affirme maintenant que l’État ukrainien se battra jusqu’à ce qu’il ait regagné par la force l’ensemble de ses territoires perdus, y compris la Crimée dont la population a décidé de rejoindre la Fédération de Russie en 2014. C’est donc dire que ce régime ultra-réactionnaire est déterminé à intensifier et à prolonger la guerre le plus possible pour satisfaire ses maîtres impérialistes, dont l’objectif n’est rien d’autre que de saigner la Russie et de la détruire afin de préserver leur domination économique mondiale. C’est d’ailleurs dans ce but que les impérialistes occidentaux ont fait pleuvoir des sanctions injustes sur la population russe, sanctions qui se répercutent maintenant sur la classe ouvrière des pays occidentaux eux-mêmes en y aggravant l’inflation et l’incertitude économique.

Comme si le brasier allumé en Europe de l’Est n’était pas suffisant, les impérialistes américains appuyés par leurs alliés occidentaux multiplient les provocations contre la République populaire de Chine. Le renforcement des liens officiels entre les États-Unis et Taïwan, dont a témoigné la visite tapageuse de Nancy Pelosi sur l’île au début du mois d’août dernier, est un affront délibéré et constitue ni plus ni moins une préparation à la guerre contre la Chine. D’ailleurs, le 18 septembre, le président américain Joe Biden a déclaré une nouvelle fois que les États-Unis défendraient Taïwan en cas « d’invasion » chinoise, rompant ouvertement avec la politique dite « d’ambiguïté stratégique » appliquée par les États-Unis depuis des décennies. Cette déclaration faisait suite à une vente d’armes d’une valeur de 1,1 milliard de dollars à Taïwan au début du mois de septembre. Plus encore, un projet de loi prévoyant une première aide militaire directe des États-Unis à Taïwan a franchi une étape importante au Congrès américain le 14 septembre, annonçant une nouvelle aggravation des tensions dans la région.

Les prolétaires du Canada n’ont aucun intérêt à soutenir la politique belliqueuse de « leur » classe dominante. Ceux qui s’opposent à leurs intérêts matériels, ce ne sont pas les Russes et les Chinois, mais bien les capitalistes canadiens qui coupent dans leurs salaires, qui les appauvrissent et qui les exploitent. Pour reprendre les mots du révolutionnaire allemand Karl Liebknecht, l’ennemi principal est dans notre propre pays! Contrairement à la bourgeoisie, la classe ouvrière cherche la paix et le développement harmonieux des forces productives. La seule façon de mettre fin aux guerres, c’est de supprimer l’impérialisme par la révolution prolétarienne et par la création de nouvelles républiques socialistes partout dans le monde.

HALTE à l’armement du régime réactionnaire de Kiev!
HALTE aux sanctions contre le peuple russe!
HALTE au soutien diplomatique et militaire à Taïwan!
HALTE à l’expansion et au renforcement de l’OTAN!
HALTE à l’escalade vers la guerre contre la Russie et la Chine!

Photo d'un pylône électrique vu du bas

L’Avant-garde communiste du Canada lance aujourd’hui la version en ligne de son organe central, le journal Cause ouvrière1. Le journal, dont la troisième édition papier vient également de paraître, existe maintenant sous sa forme complète et peut désormais commencer à fonctionner à son plein potentiel. En effet, l’expérience de notre mouvement a montré que c’est la combinaison de la forme papier et de la forme électronique qui permet d’obtenir les meilleurs résultats et de faire rayonner au maximum la propagande communiste à l’époque actuelle. La forme électronique permet à l’avant-garde de s’exprimer en continu sur l’actualité nationale et internationale de la lutte des classes. Elle offre une grande souplesse qui permet de réagir rapidement aux événements et de se positionner en temps réel sur une très grande quantité d’enjeux qui traversent la société. Par ailleurs, la forme électronique du journal permet de rayonner rapidement au-delà de ce que permet la simple diffusion d’un journal physique. Elle permet de compenser certaines limites organisationnelles et de rejoindre des groupes de prolétaires difficilement atteignables autrement à ce stade-ci du développement de notre mouvement. Pour ces raisons, c’est sur le site web que seront désormais publiés la majorité des articles de Cause ouvrière, la forme électronique devant constituer la forme principale du journal.

Le journal papier, quant à lui, permet d’aller directement à la rencontre des travailleurs et de faire pénétrer plus profondément et plus solidement la propagande communiste dans les masses prolétariennes. Le journal papier offre un outil de travail vivant et permanent aux militants révolutionnaires, outil leur permettant de déployer leurs forces de manière unifiée vers la classe ouvrière. Il permet aux communistes de se lier concrètement aux masses : de rassembler et d’organiser les prolétaires pour la lutte politique. Le combat révolutionnaire se déroule dans le monde réel et non sur internet. Un journal strictement électronique n’est pas un outil complet et n’a pas la force nécessaire pour générer une action communiste réelle. Pour l’instant, le journal papier doit paraître quatre fois par année, soit à tous les trois mois. Chaque numéro est diffusé gratuitement sur les piquets de grève, dans les manifestations ouvrières, aux portes des usines, dans les zones industrielles, dans les quartiers prolétariens, etc. Dans le futur, la fréquence de parution des numéros imprimés sera appelée à s’accroître.

L’une des fonctions essentielles du journal Cause ouvrière est de rassembler des militants favorables aux intérêts de la classe ouvrière, de les mettre en mouvement et d’en faire des communistes éclairés et conscients. Le journal doit interpeller largement les masses. Il doit servir à leur mobilisation en leur donnant le goût de la lutte révolutionnaire. Il doit cimenter l’activité des ouvriers communistes, tant sur le plan idéologique que sur le plan organisationnel. En ce sens, il doit servir d’organisateur collectif. Comme l’a écrit Lénine en 1901 dans Par où commencer :

« Le journal ne borne pas cependant son rôle à la diffusion des idées, à l'éducation politique et au recrutement d'alliés politiques. Il n'est pas seulement un propagandiste collectif et un agitateur collectif; il est aussi un organisateur collectif. On peut à cet égard le comparer à l'échafaudage dressé autour d'un bâtiment en construction; il ébauche les contours de l'édifice, facilite les communications entre les différents constructeurs, à qui il permet de répartir la tâche et d'embrasser l'ensemble des résultats obtenus par le travail organisé. Avec l'aide et à propos du journal se constituera d'elle-même une organisation permanente, qui ne s'occupera pas seulement d'un travail local mais aussi général et régulier, habituant ses membres à suivre de près les événements politiques, à apprécier leur rôle et leur influence sur les diverses catégories de la population, à trouver pour le parti révolutionnaire la meilleure façon d'agir sur ces événements. »

 

Un journal central pour tout le Canada


Afin de construire un mouvement révolutionnaire vraiment unifié à l’échelle de tout le territoire canadien, le développement d’un appareil de direction idéologique unique et centralisé est absolument indispensable. C’est pourquoi l’Avant-garde communiste du Canada vise à développer un journal central pour l’ensemble du pays. Évidemment, l’expansion du mouvement révolutionnaire fera éventuellement naître une multitude de publications locales et spécialisées partout sur le territoire. Mais celles-ci devront impérativement se subordonner à l’organe central du parti prolétarien. Elles joueront le rôle de courroies de transmission servant à diffuser de manière tentaculaire les grands mots d’ordre et les grandes analyses de l’avant-garde en les appliquant à des enjeux spécifiques et locaux.

Sans le développement d’un organe central pour tout le pays, il est impossible de construire un mouvement cohérent et de marcher comme une seule armée pour vaincre la bourgeoisie. En fait, sans organe central, la propagande et l’action des militants révolutionnaires ne peuvent que demeurer étroitement locales. Elles ne peuvent pas servir à constituer le prolétariat en classe pour soi et ne peuvent pas exprimer « les intérêts du mouvement dans sa totalité ». C’est en prenant conscience de la somme des faits quotidiens révélant la lutte qui se mène entre les deux classes de la société capitaliste; c’est en adhérant aux mêmes analyses, à la même théorie et aux mêmes perspectives politiques; et c’est en répondant aux mêmes appels généraux et aux mêmes mots d’ordre révolutionnaires que les ouvriers canadiens forgeront un véritable parti communiste capable d’agir des provinces maritimes à la Colombie-Britannique et d’entraîner le prolétariat entier dans la bataille historique pour le socialisme.

Sans un journal pour tout le pays, un parti composé de militants séparés géographiquement serait éventuellement amené à se disloquer sous la pression du subjectivisme et à se scinder en organisations de nature divergente. À cet égard, l’histoire du défunt Parti communiste révolutionnaire (PCR) est riche d’enseignements. Durant la première moitié de la dernière décennie, le parti fondé en 2007 à Montréal a pris de l’expansion en Ontario et dans d’autres provinces canadiennes. Or, les fondateurs du PCR n’ont pas jugé bon de produire de manière centralisée une littérature commune et constante pour l’ensemble des régions où le parti était désormais actif. Ainsi privées de toute direction idéologique, les organisations du parti d’une ville à l’autre se lançaient dans toutes sortes d’initiatives décousues et sans liens entre elles, initiatives dont le caractère est rapidement devenu étroit et réformiste. Plus encore, les nouvelles recrues étudiantes et petites-bourgeoises du parti à l’extérieur du Québec ont eu le champ entièrement libre pour mettre de l’avant leurs idées postmodernes et libérales. C’est ainsi que les Opportunistes canadiens ont fini par gangrener l’ensemble du PCR et par en prendre le contrôle. Pour mettre fin à ce triste spectacle, l’aile gauche du parti basée à Montréal a dû mener une lutte antagonique à l’intérieur de l’organisation, ce qui a conduit à une scission en 2017.

Déterminée à ne pas répéter les mêmes erreurs que les fondateurs du PCR, l’Avant-garde communiste du Canada n’entend pas s’écarter du principe selon lequel la base de toute activité révolutionnaire et le ciment de toute expansion organisationnelle se situent dans la propagande. Cette dernière doit être rédigée centralement par les militants les plus qualifiés et diffusée de manière systématique et régulière partout où le mouvement révolutionnaire est actif. C’est seulement ainsi que sera évité le piège de l’éclectisme politique et de la fragmentation organisationnelle, et c’est également de cette manière que seront démasqués les opportunistes petits-bourgeois cherchant à parasiter notre organisation.

Cela étant dit, l’Avant-garde communiste du Canada reconnaît comme une nécessité objective le développement inégal de la révolution. C’est pourquoi nous n’attendons pas d’être présents et d’avoir une activité de même intensité dans tous les coins du pays pour développer le journal Cause ouvrière. Inévitablement, le contenu du journal reflétera le développement inégal de notre mouvement d’une région à l’autre du pays, et ce, même si la forme électronique du journal permettra évidemment de compenser en partie les limites découlant de notre degré d’expansion territoriale. Aussi, les articles de Cause ouvrière seront principalement publiés en français dans un premier temps. Cela ne doit surtout pas être interprété comme un choix politique, mais plutôt comme une nécessité transitoire. L’essentiel, c’est que Cause ouvrière s’adresse politiquement à l’ensemble du prolétariat canadien, et c’est ce que fait le journal depuis sa fondation.

 

Notre tâche : organiser des révélations politiques

Le journal Cause ouvrière est un journal politique. Ce n’est pas un journal syndical se contentant de traiter du rapport immédiat entre patrons et travailleurs. Ce n’est pas un journal économiste ne faisant qu’être le miroir du mouvement ouvrier et des luttes spontanées du prolétariat. Refléter sans chercher à rien transformer, c’est ce que font tous les opportunistes qui liquident le communisme sous prétexte qu’il faudrait « laisser parler les masses ». Évitant lâchement d’assumer leur rôle d’avant-garde, ils dissimulent leurs propres opinions et abaissent leur agitation au niveau de la conscience spontanée du peuple, sombrant inévitablement dans le réformisme bourgeois. Représentant parfaitement cette tendance, les Opportunistes canadiens écrivaient il y a quelques années :

« Les révolutionnaires ont besoin de parler aux masses là où elles sont, d’une manière qui influence directement leur vie au jour le jour et en s’adressant concrètement à leurs expériences quotidiennes; actuellement, cela prend largement la forme de réformes ou de campagnes spécifiques. »

Défendant un point de vue complètement opposé à cette ligne révisionniste, l’Avant-garde communiste du Canada adhère au principe léniniste selon lequel le journal doit d’abord et avant tout servir à élever la conscience de classe des ouvriers, à les éveiller à la lutte politique pour le socialisme et à susciter leur activité révolutionnaire. Si les propagandistes et les agitateurs communistes doivent effectivement se saisir de la réalité immédiate des prolétaires, ce n’est pas pour leur expliquer ce qu’ils savent déjà, ni pour leur proposer un discours prenant « largement la forme de réformes » : c’est tout simplement pour mieux faire pénétrer la doctrine du socialisme scientifique au sein des masses et pour s’assurer qu’elles s’en emparent largement. Comme l’affirmait l’Internationale communiste lors de son 2e congrès en 1920, « tout conflit économique important peut soulever devant les ouvriers la question de la Révolution » et « il est donc du devoir des communistes de faire ressortir devant les ouvriers, dans toutes les phases de la lutte économique, que cette lutte ne saurait être couronnée de succès que lorsque la classe ouvrière aura vaincu la classe capitaliste dans une bataille rangée et se chargera, sa dictature une fois établie, de l’organisation socialiste du pays ».

Ainsi, entre le but final et les conditions immédiates, c’est le but final qui doit constituer l’aspect principal et jouer le rôle directeur dans la propagande. Dans le journal, les faits quotidiens ne doivent donc pas seulement être rapportés : ils doivent être éclairés par la théorie et les perspectives politiques. Bien sûr, les opportunistes argumentent que les masses ne seraient « pas encore prêtes » pour adhérer au communisme et qu’il faudrait donc y aller « graduellement ». Ce n’est rien d’autre que du mépris pour l’intelligence collective de la classe ouvrière, classe « qui a besoin avant et par-dessus tout de connaissances politiques étendues et vivantes, et qui est la plus capable de profiter de ces connaissances pour entreprendre une lutte active » (Lénine, Que faire, 1902).

Le journal Cause ouvrière vise la fusion du mouvement ouvrier et du socialisme. Il cherche à propager les perspectives révolutionnaires parmi la classe ouvrière et à lui révéler son but historique : l’abolition de l’exploitation capitaliste et l’instauration d’une société sans classes. Il sert au développement d’un fort courant communiste dans le mouvement ouvrier, courant qui devra, à terme, transformer le mouvement et en prendre la direction pour guider les travailleurs vers la prise du pouvoir. Comme l’a expliqué Lénine dans Les objectifs immédiats de notre mouvement , le rôle du communisme « n’est pas de servir passivement le mouvement ouvrier à chacun de ses stades, mais de représenter les intérêts de l’ensemble du mouvement, de lui indiquer son but final et ses objectifs politiques, de sauvegarder son indépendance politique et idéologique. Coupé de la social-démocratie [du communisme], le mouvement ouvrier dégénère et s’embourgeoise inévitablement : en se cantonnant dans la lutte économique, la classe ouvrière perd son indépendance politique, se traîne à la remorque d’autres partis, trahit la grande devise : L’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » (1900)

Ainsi, la fonction principale de Cause ouvrière est de générer des révélations politiques quotidiennes aux prolétaires canadiens. Par révélations politiques, nous entendons le type d’idées et d’explications qui amènent les travailleurs à développer une compréhension plus élevée de l’exploitation capitaliste, qui rehaussent leur volonté de lutter contre la bourgeoisie et qui les conduisent à appuyer la révolution socialiste. Afin d’entraîner le plus grand nombre de prolétaires à lutter pour la collectivisation des moyens de production, le contenu du journal doit être lié à la réalité concrète et vivante de la lutte des classes. L’une des tâches prioritaires du journal est donc de parler de manière révolutionnaire des luttes économiques spontanées des travailleurs. Le journal doit également diffuser en grand nombre des connaissances sur la production et l’économie capitaliste. Afin de favoriser l’action, le journal doit aussi traiter des questions organisationnelles et des moyens pratiques de la lutte révolutionnaire en les rendant accessibles et intéressantes pour les larges masses. Il doit expliquer non seulement pourquoi, mais aussi comment l’on doit se battre contre la bourgeoisie.

En plus d’accomplir les tâches expliquées ci-dessus, Cause ouvrière doit consacrer une partie de ses articles à la dénonciation de l’impérialisme et du pillage des pays dominés, en ayant notamment pour objectif de favoriser l’indignation des masses populaires du Canada devant les crimes de la bourgeoisie impérialiste canadienne à l’étranger. Le journal doit aussi faire la promotion des mouvements et des révoltes populaires légitimes émergeant partout dans le monde, et ce, dans l’esprit de l’internationalisme prolétarien et du slogan « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! ». Les analyses des contradictions de l’impérialisme et de la conjoncture internationale publiées par le journal doivent être celles d’une organisation clairvoyante se distinguant des petits partis économistes limités du genre IWW. Les travailleurs sont avides d’explications sur les grands événements internationaux, sur les rapports de force entre les différentes puissances impérialistes, sur le sort des pays pauvres, etc. Le journal doit satisfaire pleinement cette soif d’explications existant au sein du prolétariat, soif d’explications que les grands médias bourgeois, évidemment, ne satisfont pas.

Finalement, la ligne éditoriale de Cause ouvrière est ouvertement anti-postmoderne. Le journal doit être un bastion de rationalité, de vérité objective, de scientificité et de matérialisme. Une partie des articles du journal seront consacrés à dénoncer les diverses manifestations de l’idéalisme postmoderne dans la société bourgeoise contemporaine ainsi qu’à mettre en lumière le programme postmoderne de la bourgeoisie à travers des exemples tirés de l’actualité. La lutte soutenue du journal contre le postmodernisme sera celle d’une organisation à caractère résolument prolétarien se distinguant radicalement de la pseudo-gauche actuelle. Le journal ne fera jamais aucune concession à la bourgeoisie et aux tendances petites-bourgeoises : sa ligne éditoriale sera toujours fermement opposée à l’économisme, à l’opportunisme de droite, à l’ultra-gauchisme, à l’anarchisme, au postmodernisme, à l’écologisme, au féminisme, et ce, sous toutes leurs formes.

 

Le centre de gravité actuel : la propagande et l’agitation

Avec le lancement du site internet de Cause ouvrière, l’Avant-garde communiste du Canada entame une initiative propagandiste permanente qui fera rayonner à nouveau le matérialisme historique au sein de la classe ouvrière canadienne et qui permettra de bâtir les fondations du nouveau parti communiste que nous visons à construire. Pendant toute la période de reconstruction de l’état-major de la révolution prolétarienne au Canada, et probablement pendant plus longtemps encore, la propagande et l’agitation constitueront le centre de gravité de l’activité communiste. Même par la suite, pendant tout le processus révolutionnaire devant mener à la prise du pouvoir, à l’instauration de la dictature du prolétariat et à la construction du socialisme, la propagande et l’agitation continueront de jouer le rôle de « système sanguin » du parti et de ses organisations.

Cela ne signifie pas, bien entendu, que la propagande et l’agitation journalistiques seront les seules formes de lutte employées pendant la période de reconstruction. Mais cela signifie que le développement de l’appareil de propagande sera le nerf de la guerre et que les autres aspects du développement du parti seront presque entièrement déterminés par les progrès effectués dans ce domaine. Pendant un temps, la majeure partie des efforts des communistes doivent être consacrés, avant toute autre chose, à développer leur organe central et l’ensemble de leur système de propagande, c’est-à-dire à faire progresser la clarté de la ligne politique qu’ils défendent, à élaborer des explications justes sur toutes les grandes questions de la lutte des classes mondiale; à produire du matériel de propagande et d’agitation de grande qualité et en quantité croissante; à le diffuser de manière systématique au sein du mouvement ouvrier et finalement à l’utiliser pour le ralliement, le recrutement et l’organisation des éléments avancés du prolétariat.

Dans le système de propagande que nous devons construire (système qui inclut non seulement le journal, mais également la revue théorique, les livres, les tracts, etc.), la propagande et l’agitation jouent des rôles complémentaires. La propagande fournit des explications approfondies et détaillées sur toutes les questions brûlantes de la lutte des classes et de la révolution. Elle sert à générer une forte adhésion idéologique aux perspectives défendues par l’avant-garde. L’agitation, quant à elle, part du même contenu politique et le dissémine immédiatement au plus grand nombre sous une forme accessible. Elle sert à susciter l’action des ouvriers, c’est-à-dire leur contribution active aux organisations communistes, leur participation aux manifestations révolutionnaires contre la bourgeoisie, etc. À l’intérieur du système de propagande, la revue théorique joue principalement le rôle de propagandiste, tandis que le journal joue principalement le rôle d’agitateur au sein des masses. Évidemment, le journal n’a pas un caractère purement agitateur : son contenu a également un aspect propagandiste. Pour présenter les choses simplement, on peut dire que le journal constitue la forme « supérieure » du matériel agitationnel, la forme « inférieure » étant constituée par les tracts, les affiches, les interventions orales, etc. Bref, le journal sert à la fois d’organisateur collectif et d’éducateur collectif. Dans tous les cas, ce sont la clarté théorique et la justesse de la ligne politique qui doivent guider la production de toute littérature communiste.

Au cours des dernières décennies, il y a eu un recul majeur, voire une disparition de la propagande communiste au Canada. Il en découle aujourd’hui un urgent besoin d’éducation politique et théorique, de révélations journalistiques, d’analyses des événements nationaux et internationaux, d’éclaircissements sur l’économie capitaliste, etc. Si l’on ne répond pas au plus vite à cet urgent besoin, toute reconstruction du mouvement communiste est vouée à l’échec. La direction historique du défunt PCR, qui a été pendant vingt longues années le pôle de l’activité révolutionnaire au pays, n’a jamais été capable d’accomplir cette tâche primordiale. Ayant fait reposer le critère de la radicalité dans l’action militante en elle-même, tout en ayant en même temps privilégié des initiatives idéologiques isolées et coupées de la pratique réelle, la direction historique du PCR n’a jamais pris en charge la tâche de développer un vrai appareil de propagande servant à alimenter la lutte de manière continue et à diriger l’activité des militants révolutionnaires. Pendant de longues années, elle a même abandonné la production de toute propagande écrite ou presque, se contentant d’une propagande orale improvisée s’adressant principalement à elle-même et à un petit cercle de curieux, privant le parti de toute possibilité de rayonnement auprès de la classe ouvrière.

La direction historique du PCR a par ailleurs défendu une conception ultra-démocratique et anti-léniniste de la propagande. Au lieu de chercher à développer un véritable organe central, c’est-à-dire un journal soumis au contrôle du groupe dirigeant et rédigé par les meilleurs propagandistes, elle a prôné la création de journaux de type « babillard » et la mise sur pied de comités de rédaction ouverts et autonomes. À la fondation du PCR-co en 2001, les fondateurs de l’organisation appelaient par exemple, dans leur Plan d’implantation, à former une équipe « techniquement et formellement séparée du PCR-co » pour diriger la publication du journal Drapeau rouge!. Privilégiant la quantité aux dépens de la qualité, la direction historique a permis et encouragé la participation de rédacteurs incompétents et d’éléments non communistes, sans jamais s’assurer que la ligne politique défendue était adéquate. En ce qui concerne les présentations orales dans lesquelles la direction historique s’est finalement « spécialisée » après avoir abandonné la propagande écrite, elles étaient organisées parallèlement à l’activité du parti et leur contenu n’était pas dirigé par le centre de l’organisation, sans parler du fait qu’elles n’étaient jamais préparées avec rigueur et professionnalisme.

Il faut rejeter aujourd’hui ces déviations majeures ayant eu pour effet de priver les travailleurs pendant vingt ans des connaissances politiques et théoriques dont ils ont besoin et ayant empêché le mouvement communiste de se reconstruire. En négligeant la qualité de la propagande, l’on ne parvient pas à convaincre les travailleurs d’adhérer à la cause révolutionnaire, l’on n’éclaircit aucune question et l’on donne plutôt mauvaise réputation aux communistes. En prônant l’ultra-démocratisme, l’on ne parvient pas à unifier l’activité du parti sous une même direction idéologique, et l’on ne parvient pas non plus à rendre systématique et à pérenniser la production de la littérature communiste (puisque les initiatives sans direction sombrent inévitablement dans la désorganisation et connaissent toujours une fin rapide).

Contrairement à la direction historique du défunt PCR, l’Avant-garde communiste du Canada défend la vraie conception léniniste de la propagande. Nous reconnaissons que la mise en place d’un appareil de propagande centralisé, professionnel et permanent constitue la première nécessité pour bâtir un véritable parti communiste. Parmi les 21 Conditions d’admission des Partis dans l’Internationale communiste adoptées lors du 2e congrès de l’organisation en 1920, la première condition stipulait d’ailleurs que « [t]ous les organes de la presse du Parti doivent être rédigés par des communistes sûrs, ayant prouvé leur dévouement à la cause du prolétariat. […] La presse périodique ou autre et tous les services d’éditions doivent être entièrement soumis au Comité central du Parti, que ce dernier soit légal ou illégal. Il est inadmissible que les organes de publicité mésusent de l’autonomie pour mener une politique non conforme à celle du Parti. » Dans les Thèses sur la structure, les méthodes et l’action des partis communistes adoptées lors du 3e congrès en 1921, on peut lire que « [l]a presse communiste doit être développée et améliorée par le Parti avec une infatigable énergie. […] Le Parti doit s’efforcer bien plus d’avoir de bons journaux que d’en avoir beaucoup. Tout parti communiste doit avant tout avoir un organe central autant que possible quotidien. » Ces injonctions sont toujours valides aujourd’hui et l’Avant-garde communiste du Canada y adhère entièrement.

Nous allons donc nous consacrer, dans la période qui s’amorce, avec rigueur et professionnalisme, au développement de l’organe central et de l’appareil de propagande du prochain parti communiste de la classe ouvrière canadienne. Le journal Cause ouvrière est la pièce centrale de ce vaste édifice à construire. Ne perdons plus un instant et développons le journal du prolétariat révolutionnaire! Mettons en place dès maintenant le dispositif nécessaire pour répandre les idées communistes dans le mouvement ouvrier et soulever devant les masses la question de la révolution! Soyons fidèles à ce qu’ont énoncé Marx et Engels dans le Manifeste du Parti communiste en 1847 : « Les communistes ne s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre social passé »!

1.Initialement mis sur pied par le Parti communiste révolutionnaire du Canada à l’automne 2021, le journal Cause ouvrière est devenu l’organe central de l’Avant-garde communiste du Canada suite à la dissolution du Parti à l’hiver 2022.

Militants communistes au Complex Guy-Favreau

Le 1er mai 2022, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, l’Avant-garde communiste du Canada s’est rendue devant le Complexe Guy-Favreau, édifice du gouvernement canadien situé à Montréal, pour dénoncer l’État impérialiste du Canada, rouage central de l’exploitation des travailleurs. Suite à cette action, l’Avant-garde communiste du Canada a pris part à la manifestation organisée par la Coalition du 1er mai au centre-ville de Montréal.


Camarades ouvriers du Canada!

Nous sommes le 1er mai, jour où les travailleurs de tous les pays se lèvent en même temps pour célébrer leur union et réclamer la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme! Nous sommes le 1er mai, jour de lutte contre la bourgeoisie et pour le socialisme!

En cette Journée internationale des travailleurs, nous sommes venus dénoncer, au nom de la classe ouvrière, les crimes de la bourgeoisie canadienne devant les bureaux de son gouvernement fédéral au centre-ville de Montréal. Nous disons bien son gouvernement, car le gouvernement du Canada, comme l’État canadien dans son ensemble, n’est pas celui des travailleurs du pays. Qu’il s’agisse des travailleurs du Québec, de l’Ontario, des provinces de l’Ouest ou des provinces maritimes, aucun n’est représenté par cet État étranger et hostile : cet État qui n’est rien d’autre que le résumé officiel des intérêts de la classe capitaliste canadienne.

N’est-ce pas cet État qui protège la propriété de la bourgeoisie? N’est-ce pas cet État dont l’ossature même se confond avec celle des grands monopoles capitalistes comme le Canadien Pacifique ou SNC-Lavalin? N’est-ce pas cet État qui légalise l’exploitation des travailleurs et qui interdit toute lutte conséquente en faveur de la propriété collective? N’est-ce pas cet État qui est chargé de réprimer le mouvement ouvrier, comme il l’a fait l’an dernier en décrétant une loi spéciale pour mater la grève des débardeurs du port de Montréal?

Oui, c’est bien cet État bourgeois qui écrase sous son poids les travailleurs de tout le pays! Depuis deux ans maintenant, le gouvernement fédéral et l’État canadien, en plus de s’être montrés incapables de mettre en place des mesures pour protéger la santé des masses face à un virus mortel, déploient une politique qui ruine les travailleurs. Au lieu de puiser dans les poches des riches pour financer ses dépenses de crise, l’État canadien a fait tourner « la planche à billets » et a subventionné le grand capital à coups de milliards de dollars, générant une inflation monstrueuse qui s’abat maintenant sur les masses populaires et les appauvrit. Ce que la bourgeoisie présentait comme une « aide généreuse » aux travailleurs au début de la pandémie, elle leur fait finalement payer de manière injuste à travers une hausse généralisée des prix ayant pour effet de couper le salaire réel des ouvriers. Aujourd’hui, les prolétaires souffrent de la vie chère et du chaos économique. Mais malheureusement, le pire est encore à venir.

Camarades, l’heure est grave! La bourgeoisie canadienne, comme la bourgeoisie de tous les pays soi-disant civilisés, fait rouler les tambours de la guerre et cherche à entraîner les travailleurs dans un nouveau carnage impérialiste mondial. Suivant de près ses alliés américains, l’État impérialiste canadien alimente présentement une guerre réactionnaire en Ukraine, utilisant les masses de ce pays comme chair à canon afin de mener une lutte destructrice contre la Russie. Le gouvernement canadien fournit de l’armement en quantité massive au gouvernement fantoche ukrainien, en plus de permettre à des milliers de volontaires d’aller se battre contre les Russes. Des troupes canadiennes sont déployées en Europe de l’Est dans le cadre des opérations de l’OTAN menées en prévision d’une confrontation directe avec la Russie. Et c’est sans parler des milliards de dollars supplémentaires – fruit du labeur des travailleurs – que le gouvernement bourgeois canadien gaspillera en dépenses militaires comme il l’a annoncé dans son dernier budget.

Alors que les travailleurs réclament des hausses de salaire et protestent contre l’inflation, alors que les conditions sont propices à l’éveil politique de la classe ouvrière, la bourgeoisie tente de distraire les masses par le fracas des canons en Europe. Elle cherche à convaincre les travailleurs d’appuyer sa politique d’intervention criminelle dont le but n’est rien d’autre que de soumettre les masses d’un pays étranger – l’Ukraine – au joug du capital financier occidental et d’affaiblir la Russie sur le plan militaire et économique.

Camarades ouvriers du Canada! Nous n’avons aucun intérêt à soutenir la politique rapace de « notre » gouvernement et de « notre » classe dominante. Ses agissements ne font que préparer la destruction à grande échelle des forces productives, le sacrifice et la ruine de millions de travailleurs. Camarades, nous devons nous dresser contre le danger de guerre mondiale en prônant l’unité des prolétaires de tous les pays. Nous devons frayer notre propre voie à travers le désordre impérialiste en mettant de l’avant les buts politiques indépendants de notre classe, c’est-à-dire le renversement de la bourgeoisie et la dictature du prolétariat.

Le gouvernement et l’État bourgeois canadiens doivent être détruits. Ils doivent être remplacés par un État ouvrier révolutionnaire qui expropriera la bourgeoisie, remettra les moyens de production entre les mains des travailleurs et garantira la paix et l’amitié entre les peuples. Dans l’immédiat, la tâche qui s’impose de manière urgente est de réarmer la classe ouvrière canadienne en reconstruisant son mouvement politique organisé. Il faut redonner une existence politique au communisme – l’expression générale des intérêts du prolétariat. Il faut doter les travailleurs d’un nouveau parti révolutionnaire capable de les guider vers la conquête du pouvoir politique.

Camarades, il n’y a pas de temps à perdre! Dressons-nous contre la politique impérialiste de la bourgeoisie! Unissons-nous dans la lutte contre l’exploitation capitaliste! Rassemblons-nous sous le drapeau rouge du socialisme et de l’internationalisme! Bâtissons le nouveau parti communiste de la classe ouvrière canadienne! Vive la Journée internationale des travailleurs! Vive la lutte des prolétaires de tous les pays pour le communisme!

Manifestation de rue pro-palestinienne

Hier après-midi, l’Avant-garde communiste du Canada a pris part à la manifestation organisée à Montréal pour commémorer les 74 ans de la Nakba (« catastrophe »), l’exil forcé de plus de 700 000 Palestiniens survenu lors du violent processus de création de l’État d’Israël en 1948.

Chaque 15 mai, des manifestations ont lieu dans de nombreuses villes du monde – dont Montréal – pour souligner cette sombre journée ayant marqué le début de l’oppression du peuple palestinien par l’État sioniste ainsi que pour appuyer l’héroïque lutte de libération palestinienne qui se poursuit depuis cette date. Cette année, les manifestations de la Nakba étaient notamment l’occasion pour les masses d’exprimer la vive colère suscitée par l’assassinat sordide de la journaliste d’origine palestinienne Shireen Abu Akleh – tuée d’une balle dans la tête par l’armée israélienne mercredi dernier en Cisjordanie où elle couvrait un raid militaire israélien –, ainsi que par l’assaut brutal de ses funérailles par la police israélienne.

Mettant de l’avant des revendications directement opposées aux intérêts de l’impérialisme occidental – lequel s’appuie depuis des lustres sur l’État d’Israël pour maintenir sa domination dans le monde arabe –, les manifestations de la Nakba sont souvent la cible d’intimidation policière et sont parfois même purement et simplement interdites, comme ce fut le cas l’an dernier à Paris et cette année à Berlin. Lors de la manifestation d’hier à Montréal, les agissements des forces policières ont aussi témoigné de l’hostilité de la bourgeoisie impérialiste envers la cause palestinienne. Ayant déployé dès le départ un imposant arsenal répressif pour intimider les manifestants, le SPVM a décidé à un certain moment de provoquer physiquement la foule en lui bloquant le passage à l’aide de l’escouade anti-émeute, et ce, alors que la manifestation se déroulait de manière entièrement pacifique. Nous dénonçons fermement ces gestes répressifs honteux de la police montréalaise. Heureusement, les forces policières n’ont pas pu empêcher la foule nombreuse et ardente de continuer à manifester et à brandir bien haut le drapeau palestinien.

L’Avant-garde communiste du Canada s’oppose fermement à l’oppression de la Palestine par l’État sioniste israélien ainsi qu’au soutien accordé par la bourgeoisie impérialiste canadienne à cet État criminel. Nous dénonçons vivement les récentes exactions commises par la police et l’armée israéliennes contre le peuple palestinien. Nous appelons les ouvriers canadiens à lutter contre la politique impérialiste de « leur » gouvernement et à appuyer le mouvement de libération palestinien, mouvement national progressiste dirigé contre l’impérialisme mondial.

À bas la domination impérialiste au Moyen-Orient!

Vive la révolution prolétarienne mondiale!

Palestine vivra, Palestine vaincra!

Navires de guerre en train de couler

La guerre actuelle en Ukraine est une guerre inter-impérialiste. Elle témoigne d’une aggravation qualitative des contradictions de l’impérialisme mondial ainsi que de l’aiguisement des contradictions entre la bourgeoisie et le prolétariat international. Bien qu’elle se déroule sur le territoire de l’Ukraine, la guerre oppose principalement l’impérialisme américain et l’impérialisme russe en émergence. Plus largement, elle résulte de l’aiguisement des contradictions économiques et politiques entre les États-Unis – qui occupent encore la position dominante dans la chaîne impérialiste mondiale – et leurs anciens et nouveaux concurrents impérialistes; entre les vieilles puissances de l’OTAN dirigées par les États-Unis et l’alliance impérialiste émergente composée de la Russie et de la Chine; et finalement entre les États-Unis et l’Union européenne – en particulier l’Allemagne. Se situant au carrefour de toutes ces contradictions, le conflit armé en Ukraine est hautement explosif et fait planer le danger d’une Troisième Guerre mondiale au-dessus des prolétaires de tous les pays.

La guerre actuelle est une guerre réactionnaire des deux côtés. Elle ne peut pas être analysée comme une « guerre d’agression » isolée d’un pays impérialiste contre un pays dominé ou d’une nation oppressive contre une nation opprimée – c’est-à-dire de la Russie contre l’Ukraine. Elle ne se compare d’aucune manière au bombardement de la Serbie par l’Otan en 1999, à l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003, ou encore aux guerres israéliennes incessantes contre la Palestine. Bien que l’Ukraine soit le théâtre des opérations militaires – et bien que ce soit le peuple multinational de ce pays qui en souffre directement –, la guerre actuelle est la continuation par d’autres moyens d’un affrontement politique se déroulant depuis des années entre pays impérialistes, affrontement résultant lui-même de la concurrence économique entre la bourgeoisie de ces différents pays. Il s’agit de la forme violente d’une lutte antérieure des États bourgeois et des monopoles privés pour acquérir ou contrôler des sphères d’influence (politiques et économiques), des parts de marchés, des routes énergétiques, des voies de transport, de la main d’œuvre, des matières premières, des opportunités d’investissements, etc. Dans ce contexte, malgré les apparences véhiculées par les médias impérialistes occidentaux, il n’est pas possible d’identifier qui est « l’instigateur » du conflit. Dire que la Russie est purement à l’offensive tandis que l’Ukraine ne fait que se défendre, c’est jouer le jeu des impérialistes de l’OTAN qui parlent d’une « guerre non provoquée » afin de se présenter hypocritement comme les champions de la liberté des peuples. C’est souffler dans la trompette de l’impérialisme américain qui cherche à légitimer la guerre totale contre la Russie.

Depuis 2014, c’est-à-dire depuis le soulèvement nationaliste « Euromaidan » et le coup d’État dirigé par l’impérialisme américain, l’Ukraine est devenue une semi-colonie des États-Unis et de l’Union européenne. Ce coup d’État violent – accompli en grande partie par des milices néo-nazies appuyées par Washington – était lui-même l’aboutissement d’un long processus de déstabilisation et d’interventions directes des États-Unis visant à faire tomber l’Ukraine dans leur zone d’influence et à en faire un front anti-russe du capital financier occidental. Les impérialistes américains ont déversé des milliards de dollars dans le pays et s’y sont ingérés de manière totalement anti-démocratique en favorisant l’émergence d’un mouvement ultra-nationaliste hostile à la Russie. Le prélude du coup d’État de 2014 a été la « Révolution orange » de 2004, mouvement réactionnaire pro-occidental alimenté par les États-Unis.

Ces interventions impérialistes s’inscrivaient dans la politique plus large d’intégration économique des pays d’Europe de l’Est, d’expansion de l’OTAN et d’encerclement militaire de la Russie mises en œuvre par les États-Unis et leurs alliés depuis les années 1990. Au cours des dernières décennies, les impérialistes occidentaux ont constamment violé la promesse faite à Gorbatchev au moment de la chute du mur de Berlin selon laquelle le territoire de l’OTAN « ne serait jamais déplacé, ne serait-ce que d’un pouce vers l’Est ». L’OTAN a en effet intégré par vagues la majorité des pays de l’ancien Pacte de Varsovie, se rapprochant sans cesse des frontières russes. En plus d’avoir démantelé et bombardé la Yougoslavie, les impérialistes occidentaux ont favorisé, voire organisé des « révolutions de couleur » pro-occidentales dans plusieurs pays de l’ancien Bloc de l’Est, déployé des troupes en Europe de l’Est et multiplié les provocations militaires contre la Russie. En 2019, les États-Unis se sont retirés du traité INF de 1987 sur les missiles de portée intermédiaire après l’avoir violé, menaçant directement le territoire russe avec des lance-missiles installés en Europe. En accusant la Russie de mener une « guerre non provoquée », les impérialistes de l’OTAN font donc preuve d’une hypocrisie extrême.

Depuis 2014, l’Ukraine elle-même a servi de vaste front militaire et politique de l’impérialisme américain et ses alliés. En plus d’avoir déployé leurs propres soldats sur le territoire du pays, les impérialistes occidentaux – dont le Canada – ont fourni des armes et de l’entraînement aux forces armées ukrainiennes, y compris à des groupes paramilitaires ouvertement néo-nazis tels que le bataillon Azov, afin de les préparer pour la guerre contre la Russie. Depuis le coup d’État, le gouvernement ukrainien accepte complaisamment de servir de fantassin de l’impérialisme occidental. Il adopte une politique belliqueuse contre la Russie et agit lui-même à titre de gouvernement impérialiste sous les ordres des États-Unis.

Présenté par les médias occidentaux comme un héro défendant courageusement son peuple contre l’agression russe, le président actuel Volodymyr Zelensky est un bandit réactionnaire ayant poussé le peuple de son pays à servir de chair à canon pour l’impérialisme occidental. Loin d’avoir cherché à apaiser les tensions au cours de se présidence, il les a au contraire aggravées et doit donc être considéré comme l’un des principaux responsables de la situation actuelle. Par exemple, le gouvernement Zelensky a approuvé en mars 2021 une stratégie de « réintégration » visant à « rétablir la pleine souveraineté ukrainienne sur la Crimée et la ville de Sébastopol ». La ville de Sébastopol abritant la base navale de la flotte de la mer Noire de la marine russe depuis la dissolution de l’URSS, sa reconquête par la force aurait signifié le déclenchement de la guerre contre la Russie. Aujourd’hui, Zelensky contraint par la loi les hommes de son pays à se sacrifier pour une guerre réactionnaire. Continuant à prôner l’escalade militaire au lieu de la paix, il appelle ni plus ni moins au déclenchement de la Troisième Guerre mondiale en réclamant l’établissement d’une « zone d’exclusion aérienne » par l’OTAN, laquelle signifierait l’entrée en guerre directe des États-Unis et de ses alliés contre la Russie, et potentiellement contre la Chine.

Plus encore, ayant intégré les milices fascistes dans son appareil militaire, l’État ukrainien les a utilisées à partir de 2014 comme troupes de choc pour semer la terreur et faire la guerre aux républiques séparatistes de Donetsk et de Lougansk s’étant formées en réponse au coup d’État et à la montée du nationalisme ukrainien anti-russe. Il faut savoir que le régime ukrainien mis en place suite au renversement violent et illégal du président élu Viktor Ianoukovytch fait la promotion d’un chauvinisme agressif, brimant les droits linguistiques de l’importante population russophone du pays ainsi que d’autres minorités nationales. En plus, ce régime encourage la glorification des collaborateurs ukrainiens de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, dont Stepan Bandera, dirigeant de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN-B) et de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) responsables de massacres de dizaines de milliers de Juifs et de Polonais pendant la guerre ainsi que de la lutte sanglante contre les partisans soviétiques antifascistes, et ce, pour le compte d’Hitler. Cherchant à effacer l’héritage soviétique de la mémoire du peuple ukrainien – héritage dont le rejet fusionne automatiquement avec le chauvinisme anti-russe en Ukraine pour des raisons historiques –, le gouvernement ultra-réactionnaire du président Petro Porochenko a fait passé en 2015 les « lois de décommunisation » interdisant les symboles et la propagande communistes, démolissant les monuments soviétiques et rendant illégales les organisations se revendiquant du communisme, dont le bien connu Parti communiste d’Ukraine. Cette vaste offensive anti-communiste s’est produite dans un contexte où, depuis 2014, des milliers de fascistes défilent ouvertement dans les rues, sèment la terreur, persécutent les Roms, commettent des actes antisémites et anti-russes et se rendent coupables de graves exactions. L’un de leurs crimes les plus abjects a été l’incendie de la Maison des syndicats d’Odessa le 2 mai 2014, événement lors duquel les milices néo-nazies ont brûlé vifs et battu à mort, dans l’impunité la plus totale, une cinquantaine de militants syndicaux, pro-communistes et anti-Maidan qui s’étaient réfugiés dans le bâtiment.

Dans ce contexte, la population russophone du Donbass a eu parfaitement raison de se dresser contre le régime nationaliste ukrainien, et elle avait le droit de proclamer son indépendance afin que ses droits soient respectés (tout comme la population de la Crimée avait le droit de vouloir quitter l’Ukraine et de rejoindre la Fédération de Russie). Malgré le fait qu’elle a été clairement exprimée lors de référendums, la volonté démocratique du peuple du Donbass a été totalement ignorée par le gouvernement réactionnaire ukrainien ainsi que par l’influent mouvement fasciste sur lequel il s’appuie. Les nationalistes ukrainiens ont préféré soumettre la population du Donbass à une guerre meurtrière en recourant notamment à des bombardements réguliers contre les infrastructures civiles et les zones résidentielles. Entre 2014 et 2020, cette guerre a fait 14 000 morts selon l’ONU, y compris 5 650 combattants séparatistes et 3 350 civils. Le gouvernement et les fascistes ukrainiens ont par ailleurs bafoué à plusieurs reprises les Accords de Minsk de 2015 qui étaient censés mettre fin au conflit – accords d’ailleurs ignorés par les impérialistes américains souhaitant une confrontation avec la Russie.

La guerre n’a pas commencé avec l’entrée des troupes russes en territoire ukrainien. Mais l’intervention directe de l’impérialisme russe a changé son caractère et lui a fait prendre des proportions monstrueuses. Si la résistance armée du peuple du Donbass contre les fascistes ukrainiens et pour l’affirmation de son droit à l’autodétermination était légitime et juste (malgré le fait qu’elle faisait aussi la place à des tendances nationalistes réactionnaires), cette guerre s’est transformée en guerre réactionnaire contre le peuple ukrainien et pour la défense des intérêts stratégiques des monopoles russes. Utilisant le prétexte de la « dénazification » et de la « protection » des russophones, le gouvernement russe a instrumentalisé la lutte démocratique et anti-fasciste des populations du Donbass – ainsi que le puissant sentiment anti-nazi qui habite encore les masses russes depuis l’invasion allemande de 1941 – afin de déclencher une guerre visant en réalité à protéger les intérêts de la grande bourgeoisie russe en brisant l’un des fronts de son rival américain. Bien qu’il s’agisse d’une réaction à une expansion américaine agressive, il n’en demeure pas moins qu’en bombardant l’Ukraine – dont la capitale Kiev – et en y déployant ses troupes au-delà du Donbass, le gouvernement impérialiste de Vladimir Poutine cause des souffrances affreuses aux masses ukrainiennes, contribue à dresser les peuples russe et ukrainiens les uns contre les autres, aggrave les contradictions mondiales et joue un rôle majeur dans l’escalade vers la guerre mondiale.

Au moment du déclenchement de son « opération militaire spéciale », Poutine a d’ailleurs justifié son offensive en faisant appel au chauvinisme grand-russe et en niant ouvertement le droit de la nation ukrainienne à l’auto-détermination, déclarant que Lénine avait eu tort de reconnaître le droit à la séparation des peuples non-russes conformément aux justes principes bolchéviques quant à la question nationale. Salissant la mémoire de l’URSS en calomniant Lénine et Staline et en s’attaquant au bilan de la propriété collective, Poutine, que les médias occidentaux présentent faussement comme un continuateur de Staline qui aurait pour objectif de restaurer l’URSS, cherche à effacer, tout comme les nationalistes ukrainiens, le passé soviétique de la Russie et de l’Ukraine, allant jusqu’à prôner une « décommunisation » plus conséquente que celle mise en œuvre par le gouvernement ukrainien. En dépit de ce qu’affirment, d’une part, les bourgeois russes voyant l’histoire de l’URSS comme un échec sanglant, et d’autre part, les bourgeois ukrainiens faisant la promotion de mythes nationalistes et nazis tels que « l’Holodomor », les peuples ukrainiens et russe ont vécu dans l’amitié et dans la paix sous le pouvoir des soviets et sous le régime de la propriété collective. Garantissant l’égalité des langues et des nations, les Bolchéviks dirigés par Lénine et Staline ont permis à la nation ukrainienne de s’émanciper de l’oppression nationale. Loin d’avoir été « russifiée » de force par Staline comme plusieurs l’affirment mensongèrement, la nation ukrainienne a pu, dans les années 1920 et 1930, développer sa langue et sa culture nationale comme jamais auparavant avec la reconnaissance de la langue ukrainienne dans l’appareil d’État, avec l’alphabétisation massive de la population ainsi qu’avec la création d’un grand nombre de journaux, d’écoles, de livres, de théâtres, etc. Il faut également mentionner le développement industriel prodigieux qu’a connu l’Ukraine grâce à la planification économique soviétique. Le 17 mars 1991, malgré 35 ans de politiques révisionnistes et de destruction de l’économie socialiste initiées par le traître Khrushchev en 1956, les Ukrainiens ont voté à plus de 70% en faveur du maintien de l’Union soviétique lors d’un référendum, témoignant ainsi de l’attachement profond des masses populaires à l’héritage communiste du pays. Si les Ukrainiens et les Russes avaient encore fait partie d’un même État socialiste multinational comme le souhaitaient les masses, la guerre actuelle n’aurait jamais pu éclater.

Alors que les impérialistes et les traîtres avaient proclamé en 1991 que la disparition de l’Union soviétique inaugurerait une nouvelle ère de paix en Europe et dans le monde, les événements actuels prouvent de manière éclatante qu’ils avaient tort. En fait, la restauration du capitalisme entamée par Khrushchev et « finalisée » par Eltsine n’a fait qu’apporter des souffrances aux masses de l’ancienne URSS en plus de semer la division et d’attiser la haine nationale. La guerre actuelle prouve également la thèse de Lénine, reprise et défendue par Staline jusqu’à sa mort, thèse selon laquelle la guerre entre les pays capitalistes est inévitable et selon laquelle la seule manière de supprimer l’inévitabilité des guerres est de supprimer l’impérialisme. Pour atteindre la paix durable, l’unique solution réside dans l’établissement de nouvelles républiques soviétiques, en Europe et partout dans le monde, républiques qui, une fois constituées, s’uniront pour former une seule et même République soviétique universelle afin d’avancer vers le communisme mondial. Sans l’instauration du socialisme partout sur la planète, le monde continuera d’être une vaste poudrière susceptible d’exploser à tout moment.

Suite au démembrement et à la destruction de l’URSS, la Russie dirigée par le sous-fifre Eltsine s’est trouvée écrasée sous la botte de l’impérialisme américain. Les privatisations, encouragées et dirigées par les États-Unis, ont conduit à un véritable désastre économique et humanitaire dans les années 1990. Pendant que la nouvelle bourgeoisie russe bradait le bien public au capital international et accumulait, à une vitesse fulgurante, des fortunes honteuses, les masses russes étaient soumises à une diminution brutale de leur niveau de vie, incluant une baisse dramatique de leur espérance de vie. Tout cela se passait sous le regard satisfait des impérialistes américains, qui entretenaient alors de bonnes relations avec leur protégé Eltsine. L’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir au début des années 2000 a représenté un tournant. Poutine représentait la fraction « éclairée » du capital russe, celle défendant ses intérêts stratégiques contrairement à la fraction bourgeoise ayant préféré, dans les années 1990, sacrifier ses propres intérêts stratégiques au profit d’un enrichissement ultra-rapide. Poutine a redressé l’économie russe et affirmé les ambitions impérialistes de la bourgeoisie de son pays. Aujourd’hui, bien que la bourgeoisie russe soit encore faible sur le plan économique par rapport à la bourgeoisie américaine (et même par rapport à la bourgeoisie de puissances impérialistes occidentales secondaires comme le Canada), elle détient entre ses mains les leviers capitalistes du pays, les monopoles russes étant principalement contrôlés par le capital national et non par le capital étranger. Aussi, la bourgeoisie russe cherche à accroître son exportation de capitaux, à étendre ses sphères d’influence et se développe indéniablement en bourgeoisie impérialiste montante. Actuellement, la faiblesse économique relative de l’impérialisme russe est par ailleurs compensé par ses énormes capacités militaires, la Russie constituant la deuxième puissance militaire après les États-Unis et détenant le deuxième arsenal nucléaire dans le monde. Cette puissance militaire confère à la bourgeoisie russe une capacité de projection et d’extension internationales, comme on l’a vu au cours de la dernière décennie avec son intervention militaire en Syrie, pays où la Russie détient des investissements dans le secteur énergétique.

Il n’en demeure pas moins que pendant une période de plus d’une décennie suite à la dislocation de l’URSS, les États-Unis et les pays de OTAN sous leur direction, sortis vainqueur de la Guerre froide, se sont retrouvés dans une position de domination complète, sans concurrent impérialiste ouvertement hostile à affronter (la Chine n’étant pas encore devenue une puissance impérialiste bien que le capitalisme y avait été restauré depuis la fin des années 1970). Les impérialistes américains ont d’ailleurs constitué la force la plus agressive et la principale source d’instabilité et de violence dans le monde (y compris en Europe) au cours des trois dernières décennies. Ayant fait des millions de victimes – principalement au Moyen-Orient – seulement depuis le début des années 2000, les États-Unis et l’OTAN n’ont absolument aucune leçon de morale à donner à la Russie ou à quiconque. Mais la domination absolue des États-Unis et de l’OTAN ne pouvait pas se maintenir éternellement. En effet, le développement économique inégal de l’impérialisme empêche toute forme de stabilité ou d’équilibre à l’intérieur du système mondial du capitalisme. Il fait toujours entrer de nouveaux compétiteurs et de nouveaux groupements hostiles d’États impérialistes dans l’arène mondiale. Ainsi, la montée, relativement récente, de nouveaux concurrents impérialistes – soit la Chine et la Russie – ont quelque peu modifié le rapport des forces à l’échelle internationale. Ce changement a poussé l’impérialisme américain, toujours dominant, à adopter une politique agressive pour « endiguer » ces deux pays et maintenir sa suprématie. La rivalité entre l’impérialisme américain et le « bloc » sino-russe en émergence cristallise en ce moment les contradictions de l’impérialisme mondial et constitue la source de l’aggravation de ces contradictions.

En arrière plan de la guerre actuelle en Ukraine se trouvent ainsi les contradictions économiques opposant les monopoles des États-Unis et des pays de l’OTAN aux monopoles russe et chinois, mais aussi les contradictions économiques opposant les États-Unis (et le Canada) à l’Union européenne. L’un des enjeux économiques les plus immédiats et les plus apparents de la guerre actuelle concerne l’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel. Il faut savoir qu’avant la guerre, environ 45% des importations de gaz naturel de l’Union européenne provenaient de la Russie, faisant de ce pays le principal fournisseur de l’Europe. Dans le cas de l’Allemagne, c’est 55% de l’approvisionnement en gaz qui était assuré par les monopoles russes dont Gazprom. L’alimentation de l’Europe en gaz russe se fait à travers quatre grandes voies d’approvisionnements : les gazoducs passant par l’Ukraine, le Yamal-Europe passant par la Biélorussie, le Blue Stream et le Turk Stream passant par la Turquie, ainsi que le Nord Stream 1 reliant directement la Russie et l’Allemagne via la Mer Baltique. Un deuxième gazoduc suivant ce dernier tracé – le Nord Stream 2 – a été achevé à l’automne 2021. Ce projet de 11 milliards de dollars fortement appuyé par l’Allemagne et par la Russie était dénoncé depuis longtemps par les États-Unis, inquiets de voir se renforcer les relations entre les deux pays et désireux de vendre leur propre gaz de schiste aux Européens. Le projet, qui allait permettre à la Russie d’augmenter ses possibilités de livraison sans passer par l’Ukraine – pays ayant eu de nombreux « conflits gaziers » avec son voisin au cours des deux dernières décennies –, était également dénoncé par la bourgeoisie ukrainienne craignant de perdre les revenus tirés du transit du gaz russe. Sous la pression de l’impérialisme américain, l’Allemagne a finalement décidé d’interrompre le projet en réponse à la reconnaissance par la Russie des républiques séparatistes de Donetsk et de Lougansk. Depuis, les Américains poursuivent leur offensive pour s’emparer du marché détenu par la Russie en Europe. Le 25 mars dernier, les États-Unis ont conclu une entente prévoyant l’augmentation des livraisons de gaz naturel liquéfié américain vers l’Union européenne et visant à remplacer au moins 15 milliards de mètres cubes de gaz russe en 2022. Des secteurs de la bourgeoisie canadienne salivent également devant le chaos économique européen et s’activent pour que les autorités accélèrent le développement d’infrastructures qui permettraient de liquéfier et d’exporter le gaz naturel canadien vers l’Europe.

Les contradictions entourant le marché et les voies de transport du gaz sont un exemple important de contradictions économiques alimentant le conflit actuel. Mais elles ne sont pas les seules. En dernière analyse, c’est la somme de toutes les contradictions opposant les monopoles américains, canadiens, européens, russes et chinois qui est à l’origine de la guerre impérialiste actuelle en Ukraine, et ce, même si toutes ces contradictions n’en constituent pas nécessairement la source directe et consciente. Il faut également mentionner que la militarisation de l’économie et la conduite de guerres impérialistes font partie des principaux moyens pour assurer le profit maximum aux monopoles, permettant aux grands capitalistes de s’enrichir grâce aux commandes de matériel militaire payées à même le budget des États bourgeois. Tout comme l’inflation, la guerre est aussi un moyen utilisé par la bourgeoisie pour surmonter temporairement les crises économiques et en transférer le poids sur les masses populaires de tous les pays. La militarisation et la guerre ne constituent pas un accident : elles sont une composante nécessaire du capitalisme monopoliste.

Évidemment, les divers gouvernements impérialistes masquent ces faits et déploient tous les efforts propagandistes possibles pour convaincre les masses que la guerre qu’ils mènent est juste; que leur ennemi est coupable de tous les crimes et qu’il doit être combattu par tous les moyens. Actuellement, on tente de présenter la guerre contre la Russie comme étant une guerre de la « démocratie » contre la « dictature ». Il s’agit d’une pure hypocrisie. Tout d’abord, personne ne peut ignorer que les démocraties bourgeoises comme les États-Unis et le Canada ont appuyé et appuient certains des régimes les plus autocratiques à travers le monde, comme par exemple la monarchie saoudienne – qui mène d’ailleurs présentement, sous les ordres directs des États-Unis, une guerre dévastatrice au Yémen dans le silence presque complet des médias impérialistes occidentaux. Les impérialistes occidentaux, Américains à leur tête, ont renversé une panoplie de gouvernements démocratiquement élus (Mossadegh en Iran en 1956, Allende au Chili en 1973, Aristide en Haïti en 2004, etc.) dans le passé pour les remplacer par des régimes souvent dictatoriaux servant leurs intérêts. En ce qui concerne l’Ukraine, les impérialistes occidentaux ont approuvé le renversement illégal d’un président élu – dont le parti a été interdit et démantelé –, appuyé et armé un mouvement fasciste et néo-nazi, et soutenu un gouvernement faisant passer des lois répressives et anti-démocratiques, notamment contre les minorités linguistiques. Récemment, le « grand démocrate » Zelensky a banni 11 partis d’opposition (principalement de gauche) accusés d’entretenir des liens avec la Russie.

Mais surtout, l’État russe actuel ne se distingue pas fondamentalement des démocraties bourgeoises en place aux États-Unis, au Canada et dans l’Union européenne, malgré certaines particularités. Contrairement à ce que clament les idéologues impérialistes occidentaux, Vladimir Poutine n’est pas un fasciste, et la guerre qu’il mène n’est pas la réédition des guerres d’annexion et d’extermination hitlériennes. Poutine est simplement un politicien bourgeois impérialiste, tout comme le sont Joe Biden et Justin Trudeau.

De la même manière, la guerre menée par la Russie n’est pas une guerre anti-fasciste et progressiste. Même s’il est vrai que l’armée russe livre bataille aux milices néo-nazies ukrainiennes, et même si l’intervention russe peut avoir un effet bénéfique à court terme en affaiblissant ou détruisant militairement certaines organisations fascistes, elle ne peut qu’alimenter, à long terme, les conditions ayant favorisé l’émergence de ces organisations en attisant le nationalisme ukrainien anti-russe. L’escalade militaire et les crimes commis contre les masses ukrainiennes ne peuvent conduire à aucune solution susceptible de maintenir la paix. L’éradication effective du mouvement fasciste ukrainien dans son ensemble ne pourra être accomplie que par la mobilisation de la classe ouvrière multinationale d’Ukraine.

Que ce soit aux États-Unis, au Canada, en Ukraine ou en Russie, les prolétaires n’ont aucun intérêt dans cette guerre impérialiste. Dans chaque pays, les travailleurs doivent lutter contre « leur » propre gouvernement réactionnaire et refuser d’appuyer le bellicisme de « leur » bourgeoisie. Dans le cas du prolétariat ukrainien, cela signifie s’opposer à Zelensky, aux Forces armées de l’Ukraine, aux milices néo-nazies et à la guerre contre les Russes. Cela signifie promouvoir la paix et l’amitié entre les peuples, mettre de l’avant le slogan de l’égalité absolue des langues et des nations et exiger le respect des droits des minorités nationales, y compris le droit du peuple russophone du Donbass à former des républiques séparées. Dans le cas du prolétariat russe, cela signifie s’opposer au gouvernement de leur pays, s’opposer à la guerre impérialiste et exiger le retrait des troupes russes de l’Ukraine. Cela signifie combattre le nationalisme russe et exiger le respect du droit de la nation ukrainienne à l’auto-détermination. Dans le cas du prolétariat des pays de l’OTAN comme le Canada, cela signifie s’opposer aux livraisons d’armes et à l’envoi de mercenaires en Ukraine, s’opposer à l’appui accordé à Zelensky et aux combattants nationalistes ukrainiens, s’opposer aux déploiements de troupes de l’OTAN en Europe de l’Est et s’opposer à la frénésie militariste de la bourgeoisie. Cela signifie aussi s’opposer aux sanctions économiques contre la Russie, au bannissement des médias russes, à l’hystérie anti-russe générale qui contribue à créer un climat favorable à la guerre contre la Russie.

Nous assistons présentement à une véritable escalade vers la Troisième Guerre mondiale, laquelle, si elle est déclenchée, opposerait pour la première fois des puissances nucléaires entre elles et pourrait ainsi conduire à un niveau de destruction jamais connu dans l’histoire de l’humanité. Tous les gouvernements impérialistes, au lieu de chercher l’apaisement et les méthodes diplomatiques, choisissent d’attiser les tensions et adoptent une attitude de plus en plus hostile envers leurs concurrents. Un peu partout, on assiste à une course aux armements et à une militarisation accrue. Pour la première fois dans son histoire, l’Union européenne a décidé de se doter d’une force militaire propre pour mener des « opérations de combat », censée être opérationnelle d’ici 2025. Plusieurs pays européens ont également annoncé des augmentations importantes de leurs budgets militaires, notamment l’Allemagne, la Belgique, la Norvège et le Danemark. Dans le cas de l’Allemagne, les dépenses militaires atteindront cette année le montant record de 50 milliards d’euros, auxquels s’ajoute en plus une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d’euros qui seront utilisés sur plusieurs années pour moderniser l’armée. En plus de livrer des armes de guerre en quantité massive au gouvernement ukrainien, l’OTAN a déployé 40 000 soldats en Europe de l’Est en prévision d’un affrontement direct éventuel avec la Russie. À eux seuls, les États-Unis ont déployé 100 000 soldats en Europe. Les prolétaires de tous les pays doivent s’opposer à toutes ces actions et se dresser contre le danger de guerre mondiale.

Le Canada, pays membre de l’OTAN, participe pleinement à cette grande escalade guerrière. Après avoir eu une présence militaire directe en Ukraine – 33 000 soldats ukrainiens ayant été formés sur place par le Canada depuis 2015 dans le cadre de l’Opération UNIFIER –, le Canada fournit désormais de l’équipement militaire (armes antichars, fusils de précision, gilets pare-balles, etc.) en quantité massive aux forces armées ukrainiennes, alimentant la guerre contre les Russes au lieu de chercher à encourager une résolution pacifique du conflit. Le Canada a également renforcé sa présence militaire en Europe de l’Est en déployant des centaines de soldats supplémentaires. Présentement, environ 1 375 membres des Forces armées canadiennes sont actuellement déployées en Europe centrale et en Europe de l’Est dans le cadre de l’opération REASSURANCE de l’OTAN, y compris 500 marins à bord de deux frégates, 695 militaires dirigeant « un groupement tactique » en Lettonie, 140 membres de l’Aviation royale canadienne et six avions de chasse CF-18 participant aux « activités de police aérienne renforcées » de l’OTAN. De plus, 3 400 membres des Forces armées canadiennes sont en état d’alerte et peuvent être déployés au besoin au sein de la Force de réaction de l’OTAN. Et c’est sans parler des plus de 1 000 combattants volontaires canadiens que le gouvernement a autorisé complaisamment à rejoindre la « résistance » armée en Ukraine contre la Russie. Lors du dépôt du budget 2022, le gouvernement Trudeau a également annoncé une augmentation de 2 milliards de dollars par année de ses dépenses militaires en plus d’une aide militaire supplémentaire de 500 millions de dollars à l’Ukraine. À cette occasion, la ministre des finances Chrystia Freeland a déclaré que « les démocraties du monde – y compris la nôtre – ne seront en sécurité que lorsque le tyran russe et ses armées auront été entièrement vaincus », témoignant de l’excitation belliciste qui anime présentement les représentants de la bourgeoisie canadienne.

Les travailleurs canadiens doivent s’opposer avec vigueur à toutes les actions de « leur » gouvernement impérialiste ayant pour effet de contribuer à l’escalade militaire en Europe, en exigeant notamment le rapatriement immédiat de toutes les troupes canadiennes déployées à l’étranger, la cessation immédiate des livraisons d’armes à l’Ukraine, l’interdiction des combattants volontaires canadiens et le démantèlement complet de l’OTAN. Ils doivent s’opposer à toute forme de soutien à la « résistance » armée ukrainienne contre l’armée russe, « résistance » qui constitue automatiquement une participation à la guerre impérialiste sous la bannière de l’OTAN. Ils doivent refuser de répondre aux mots d’ordre de la bourgeoisie canadienne, lutter contre le patriotisme bourgeois et refuser catégoriquement de se ranger derrière le drapeau ukrainien, symbole d’un mouvement national réactionnaire servant à renforcer l’impérialisme occidental et constituant l’étendard d’une guerre injuste. Ils doivent s’opposer aux sanctions du gouvernement canadien contre la Russie, sanctions qui affectent les prolétaires russes innocents et qui contribuent à aggraver les contradictions inter-impérialistes. Ils doivent s’opposer à la guerre contre la Russie et à toute guerre impérialiste dans laquelle participe la bourgeoisie canadienne, en se rappelant que seule la classe ouvrière de chaque pays peut lutter contre « sa » propre classe dominante et la renverser. Surtout, les prolétaires du Canada doivent lutter pour la révolution socialiste afin de supprimer la cause des guerres et d’instaurer la paix mondiale définitive.